La Maison 100 Limites – une approche novatrice!

Durant un suivi thérapeutique à la fois chaleureux, validant et encadrant, les personnes vivant avec un trouble de personnalité limite s’apaisent et se restructurent. La fin des suivis est d’ailleurs souvent laborieuse, activant des blessures d’abandon et privant l’individu du cadre affectif qui le maintenait dans un effort de restructuration. Le risque suicidaire est décuplé aux sorties de l’hospitalisation et les rechutes sont fréquentes lorsqu’on envisage la fin du suivi.

Le concept de La Maison 100 Limites devient donc une alternative et un complément à la poursuite d’une structure enveloppante et chaleureuse. Une structure où le concept de congé n’existe pas. Un lieu où les femmes souffrant du TPL pourront se retrouver entre elles d’une façon beaucoup moins ostracisante et isolante.

La Maison servira de lieu d’hébergement temporaire à certaines femmes qui nécessitent un tremplin sécuritaire et structuré pour plonger dans une vie responsable et fonctionnelle. D’autres femmes pourront également y graviter en externe, en participant à des ateliers ou en rendant visite afin de briser un moment de solitude ou de vide menant trop souvent à l’autodestruction. C’est un peu comme revenir chez soi, dans notre famille. Ces gens qui nous reconnaissent et nous respectent permettent de refaire le plein affectif et de retourner, apaisée, affronter sa vie.

L’approche préconisée, qui consiste ainsi en un troc de services entre ces femmes, en lien avec les habiletés de chacune, fait de cette ressource communautaire un lieu d’apprentissage thérapeutique innovateur. En effet, la Maison veut amener ces femmes à miser sur leurs forces communes afin de les aider avec leurs grandes fragilités.

Créer La Maison 100 Limites, c’est tenter une approche novatrice. C’est créer avec les femmes TPL, un lieu de vie avec des assises solides sur lesquelles elles pourront s’appuyer pour tenter la restructuration de leur propre maison. Cette tâche de reconstruction se fera par le biais d’une communauté « d’aidées-aidantes » sous le signe de la bienveillance et du respect.

On dit qu’il faut un village pour élever un enfant. Selon nous, il faut une communauté pour accompagner ces femmes vers le rétablissement.